Brescia (Italie) – Pour Manu, pour Juan, pour une autodéfense collective

Mercredi 2 juillet, à 13h, au tribunal de Brescia, aura lieu le procès en appel contre Manu. Arrêté en mai 2019, détenu en prison jusqu’en mars 2020 et aujourd’hui aux arrestations domiciliaires, Manu a été condamné le 22 novembre dernier à 3 ans et 2 mois, car accusé d’avoir aidé Juan pendant sa cavale. Tout en créant un précédent farfelu mais grave, le Parquet ne l’a pas accusé seulement d’« aide à se soustraire à une peine », mais aussi de « complicité » avec la circonstance aggravante de « terrorisme », parce que Juan, au vert à cause d’un certain nombre de condamnation définitives, liées surtout à la lutte contre le Train à haute vitesse en Valsusa, a été arrêté après plus de deux ans de cavale, accusé d’avoir attaqué le siège de la Lega à Trévise, une affaire judiciaire, celle-ci, dont personne (ni Juan, ni encore moins Manu) pouvait être à connaissance. Si, ces dernières années, il est arrivé très rarement que quelqu’un qui offre de hospitalité ou de l’aide à un fugitif soit arrêté, c’est la première fois qu’à l’accusation de « complicité » on ajoute la circonstance aggravante de « terrorisme », dans ce cas avec un saut logique assez périlleux. Il s’agit d’une attaque bien précise contre la solidarité, d’un avertissement à quiconque, par l’avenir, décide de donner un coup de main aux recherchés, aux fugitifs, aux clandestins, en opposant à la lois la pratique de l’entraide, les règles, vieilles comme le monde, d’une communauté qui s’ouvre sans demander de papiers d’identité, l’élan généreux qui unit ceux qui défient l’autorité et ses injustices. Étant donné que tant de personnes pourraient se trouver dans la situation de Juan – tout comme le sont déjà des millions d’êtres humains, qui, pour différentes raisons, vivent et se déplacent traqués par la police parce qu’ils n’ont pas dans leur poche un certain papier, le fait de réaffirmer que la solidarité est quelque chose de juste n’est pas seulement un geste de soutien envers Manu (et Juan), mais aussi un élément d’autodéfense collective.

Ce « monde souterrain », où les lois et la police n’arrivent pas à entrer, est justement le substrat éthique qui a écrit les pages les plus belles de l’humanité rebelle, qui a permis (et permet encore, aux quatre coins de la planète) aux mouvements révolutionnaires de tenir le coup. Dans cette « histoire hors la loi » est encore écrit notre avenir.

Pour ces raisons, et d’autres encore, nous invitons compagnonnes et compagnons, amis et solidaires à une présence en soutien devant le tribunal de Brescia, mercredi 22 juillet à partir de 12h30.

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